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Quand l'Eglise d'Afrique redécouvre le Jeûne
L’Église Famille redécouvre le jeûne comme
chemin d’union à Dieu et moyen de combat spirituel
Ilboudo Jean de
« Veux-tu
que ta prière vole à Dieu ? Donne-lui
deux ailes le jeûne et l’aumône » St. Augustin Ilboudo Jean de
INTRODUCTION
L’Eglise Famille du Burkina peut-elle
redécouvrir le jeûne ?
Pourquoi cet intérêt
pour le jeûne ? Mon expérience personnelle.
Un jour j’ai acheté un livre au bord de
la route à la « librairie par terre », comme l’on dit ici en Afrique.
Un livre en anglais avec pour titre : « The fast way to health and
vigour ». J’ai pensé en l’achetant trouver un chemin rapide pour se
maintenir en bonne santé et en pleine vigueur. Je m’étais trompé ! Il
s’agissait en fait d’un livre sur le jeûne (fast) comme chemin (way) pour
conserver la santé et la vigueur. Heureuse erreur ! Je dévorai ce livre
qui donnait l’expérience d’un homme en Afrique du Sud qui avait vécu un jeûne
de 50 jours, les dix derniers jours furent passés au lit. L’auteur décrivait
les bienfaits du jeûne et principalement celui du jeûne radical. Quelques temps après, j’apprenais que Je décidai moi-même de vivre cette
expérience tout seul à Abidjan en suivant les indications données par les
membres du Chemin Neuf. J’en tirai un grand profit spirituel et j’invitai
quelques personnes à faire la même expérience. Des frères et soeurs du
Renouveau charismatique me demandèrent d’organiser au Burkina une session
« jeûne et prière », c’est ainsi qu’en Août 1997 j’acceptai de
conduire 32 personnes dans l’expérience d’une retraite de huit jours pendant
laquelle les cinq premiers jours furent des jours de jeûne radical et les trois
derniers jours furent consacrés à la reprise alimentaire. Les retraitants
tirèrent un grand profit au double plan spirituel et physique. En septembre
1998, je donnai une seconde retraite « jeûne et prière » à des
Religieuses de l’Immaculée Conception à leur demande. Un évêque du Burkina
vécut cette expérience spirituelle avec les Religieuses. Au Cameroun, à Douala
je donnai également cette retraite à 25 personnes. J’ai donc décidé, à la suite de ces trois
expériences, de livrer à un large public les enseignements donnés pendant les
retraites dans l’espoir d’aider le peuple chrétien d’Afrique à retrouver le
jeûne, cette pratique religieuse traditionnelle dans le christianisme. Je m’étonne de la disparition du jeûne
ecclésial, si l’on songe à l’importance de cet acte dans la vie religieuse de
l’humanité, dans la tradition judéo-chrétienne, dans la théologie patristique
de l’histoire du salut, dans l’islam et dans les religions orientales. De façon
quasi universelle, les hommes ont vu dans le jeûne comme dans la prière un
moyen d’entrer en rapport avec le divin. Je me pose la question suivante : Le
jeûne n’aurait-il pas tendance à disparaître avec la perte du sens religieux de
l’existence ? L’abandon du jeûne ne serait-il pas une des carences
profondes de l’Église de notre temps ? Quand on sait qu’au IVème siècle l’évêque de Ravenne Pierre Chrysologue écrivait ceci : « C’est le jeûne qui
est la mort des vices, la vie des vertus. C’est le jeûne la paix du corps, la
beauté des membres, l’ornement de la vie. C’est le jeûne la force des esprits,
la vigueur des âmes. C’est le jeûne le rempart de la chasteté, la défense de la
pudeur, la cité de la sainteté. C’est le jeûne l’école des mérites, le
magistère des magistères, la discipline des disciplines. C’est le jeûne le
viatique du salut pour marcher dans la voie de l’Eglise. C’est le jeûne qui
rend invincible cette armée qu’est le peuple chrétien. » Cette prédication de l’évêque de Ravenne
montre clairement que le jeûne était à l’honneur dans l’Eglise du IVème siècle. Et pour nous aujourd’hui ? Je note
que dans tous les documents du Concile Vatican II, le jeûne est mentionné
seulement deux fois. Une fois pour noter que les musulmans pratiquent le jeûne
la prière et l’aumône (NA2). Une seconde fois pour parler du jeûne pascal celui
du vendredi saint qui doit être sacré et que l’on pourrait étendre au samedi
saint. (SC110). Je suis persuadé qu’une redécouverte du
jeûne serait, sans aucun doute, un facteur important de renouveau spirituel
dans toute l’Église. Il s’agit moins de renouer
avec une pratique que de retrouver
le sens d’un comportement. Église d’Afrique ! Pourrais-tu par
ton jeûne enseigner à toute l’Église répandue dans le monde entier à avoir
faim, à diminuer ses besoins, à se confier à Dieu pour le lendemain, à creuser
son désir pour l’ouvrir à une autre réalité, celle de l’être et non plus de
l’avoir ? Des appels, des invitations à la
conversion, à la prière, au jeûne, nous viennent de Le plan de l’exposé sera le
suivant : I) le jeûne dans II) La disparition du
jeûne III) Le jeûne comme moyen
d’union à Dieu et de combat spirituel Conclusion : quelques
propositions concrètes pour l’Église famille
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